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Les six compères d'Alejandro (avec la guitare, au centre) du groupe aux sonorités tsiganes les Noces gitanes samedi, à la médiathèque de Canisy. Alejandro, Alejandro... Mais si, rappelez-vous : le jeune manchois de 22 ans qui a poussé jusqu'en demi-finale de l'émission espagnole « Incroyables talents », grâce à ses facultés en chant flamenco, alors qu'il n'en pratique que depuis quelques mois... Alexandre Mourocq de son vrai nom, originaire du Mesnil-Amey et exilé à Séville pour perfectionner cette technique vocale, était de retour ce week-end le temps d'une mini-tournée avec son groupe.
« Datchka, datchka Romania »
On ne mariait la fille de personne samedi mais on se serait cru en famille avec ces joyeux drilles oscillants entre sonorités tsiganes, balkaniques et jazz manouche. Alexandre à la guitare, son frère Aurélien à la clarinette et leurs acolytes aux percussions, contrebasse, violon et accordéon tappent du pied et improvisent des sets de percussions endiablés. Avant d'entraîner un public ravi dans une fougueuse polka : « Datchka, datchka, Romania ».
Le talent de ces jeunes sortis de la fac de musicologie d'Angers ou du conservatoire de Paris est sans conteste. La preuve : ils viennent de se produire au festival off du printemps de Bourges et doivent déjà « rééditer notre CD qui est épuisé », indique Alexandre. La nouvelle version, accompagnée d'un disque live, devrait sortir en octobre.
Loin du star-system
Depuis sa participation à l'émission Tienes talento, Alexandre poursuit sa route comme si de rien n'était, partagé entre cours et tournées. Il prévoit notamment de chanter flamenco sur de nombreuses scènes de France cet été, accompagné de deux musiciens dont son frère.
Heureux d'avoir participé à cette émission, mais pas fâché non plus d'en être sorti : « C'était une bonne expérience, sourit-il, mais je suis content de m'être arrêté là. Certains chantent flamenco toute leur vie sans jamais avoir la moindre reconnaissance... » Sans compter qu'il est de question pour lui de tomber « dans le star-system des grandes firmes. Je veux rester humble et maître de ma musique. » Alors il poursuit son rêve : tourner, jouer, chanter. Et puisque ça marche, pourquoi s'en priver ?
Virginie ÉNÉE.