Faut-il conserver la fresque de 1944 ?

















On craignait qu'Axel Michon ne paye physiquement tous ses matches remportés en trois sets cette semaine à Roland-Garros. Mais dans sa finale, le Granvillais est encore resté le maître du jeu. : Bénédicte RenouIl y a des joueurs qui ont été perturbés par l'enjeu, qui ont craqué. « C'est dur de toujours jouer en contre, de toujours faire l'effort », témoigne le joueur des Pays-de-Loire, Nassim Slilam (-15), éliminé alors qu'on l'attendait en finale.
Axel Michon, lui, a bien tenu : « Il a des qualités mentales que les autres n'ont pas », affirme Johan Brun, l'entraîneur fédéral de la Ligue de Normandie.
« Mais je sais pourquoi je joue, n'a-t-il cessé de répéter cette semaine. Si je perds, je perds, mais l'essentiel est de ne pas avoir de regrets. » Alors il se bat, essaie de rentrer un mètre dans le court et ne laisse jamais penser qu'il a le moral dans les chaussettes.
« Mais certains pensent qu'il est trop dans son truc, trop dedans », soupire Johan Brun. Un comble quand même de pointer du doigt ce qui est d'abord une qualité. Quand on voit des joueurs talentueux qui ne donnent pas tout ce qu'ils peuvent et qui baissent les bras dès qu'en face, ça résiste... Cette semaine, à Roland-Garros, Axel Michon a adopté l'attitude opposée. « Même quand il se faisait marcher dessus, il n'a rien lâché. C'est un guerrier. C'est aussi pour ça que je suis content. C'est un bon gamin. Ce qui lui arrive, il le mérite. »
« Il me fait penser à Nadal »
Mais c'est vrai que, parfois, son agitation permanente surprend. Axel Michon, c'est un garçon branché sur 10 000 volts. « Mais il a besoin d'être en activation permanente pour être performant, explique Johan Brun. C'est ce qui lui permet de combler son déficit de puissance. Même si, du coup, ça lui arrive de se mettre dans le rouge. Toutes proportions gardées, dans son comportement, il me fait penser à Nadal. Il a d'ailleurs le même type de jeu. » Ce n'est pas faux.
Comme l'Espagnol, le Granvillais est multi-surfaces. Avec son gabarit et son endurance, on pourrait penser que la terre battue est son jardin. Mais comme il est vif et qu'il prend la balle tôt, il est aussi performant sur dur.
Sauf que le chemin qui mène à une carrière professionnelle est encore long pour le Granvillais. Mais il trace sa route, en faisant ce qu'il faut, en tirant le maximum de son potentiel du moment. Manifestement, ça lui réussit. Cette année, ce fan de littérature a signé son premier contrat avec... Une maison d'Édition qui lui verse 1 500 € par an. Atypique on vous dit.
Bénédicte RENOU.
Finale : Axel Michon (-15, Granville) bat Joachim Sternbach (-2/6, Saint-Maur) 6-1, 7-5.