Faut-il conserver la fresque de 1944 ?

















« Alors, ça va finir par aller au fond des filets, oui ou non ? » C'est bien ce que semble exprimer Noël Tosi depuis le bord du terrain. De retour d'Arles, l'entraîneur cherbourgeois ne cache pas sa déception. : Antoine SoubigouJe suis satisfait dans la mesure où j'ai vu le plus beau match à l'extérieur depuis que j'entraîne l'ASC. Maintenant, on doit mener 3-0 au bout d'une heure de jeu. Plier, couper, casser ce match. Donc, je ne peux pas me satisfaire du résultat. Le problème est celui déjà observé contre Sète, et il est récurrent. Sincèrement, si on s'était créé autant d'occasions franches avec Adnane, on serait premiers avec 15 points. À Arles, à trois mètres du gardien, en face à face avec lui, on en totalise sept...
Que fait-on, lorsque l'on est entraîneur et que l'on dresse ce constat ?
On essaie de ne pas en parler trop (énorme éclat de rire) ! On va essayer d'améliorer la situation, faire passer aux gars des heures et des heures devant le but, à travailler beaucoup le jeu réduit. Mais à moins de greffer de nouveaux pieds à certains, je ne pourrai pas obtenir plus de précision d'un coup de baguette magique.
Qui sont les « certains » dont vous parlez ?
Inkango et Durand ont été les meilleurs sur le terrain. Durand a marqué une fois, s'est procuré deux autres occasions ; Inkango a eu deux opportunités ; Heurtaux en a eu une à trois mètres du gardien... L'année dernière, on avait connu un peu la même chose, mais à un degré moindre au plan du nombre d'occasions. On avait réglé ça par le travail individualisé. On va donc essayer d'y remédier, ça va s'améliorer. En parallèle, on a du contenu, une équipe. Ce n'est pas facile de jouer de cette manière au Paris FC ou à Arles, où on survole le match pendant une heure dix avant de vivre un Fort Alamo devant notre but.
Que vous expliquez de quelle façon ?
Lorsque vous exercez une emprise, un tel pressing sur l'adversaire, le corps humain peut difficilement permettre cette débauche d'énergie pendant 90 minutes. Et sur un corner, alors que j'avais sorti Lugier, le gars dont il s'occupait n'a pas été pris... Sinon, il y a des satisfactions. Heurtaux en milieu de terrain, Inez en arrière latéral : les Caennais, qui progressent à vitesse grand V, ont vraiment bien tenu leur partie ; Inkango et Durand, déjà évoqués ; et puis, un super Catherine dans les vingt dernières minutes, avec trois ou quatre arrêts de très grande classe.
Une fin de partie fébrile !
L'an dernier, à chaque fois que je sortais Lugier, on perdait. Là, j'ai été obligé de le sortir, et on se fait égaliser. Sur les rentrées, à part N'Diaye qui a été très bon, disons que Miranda et Mangara ont eu du mal. Notre problème, aujourd'hui, est que Junior et Bouba Sylla ne forment qu'une recrue, car ils vont faire six mois chacun. Il me manque vraiment une pièce offensive supplémentaire pour faire la différence.
On a tout de même le sentiment que la déception prédomine...
Effectivement. Si avant-coup, on m'avait dit que je prendrais 1 point à Arles, j'aurais signé des deux mains. Là, compte tenu de la prestation de mon équipe, c'est une... allez, je dis la vérité : c'est une grosse déception. Voilà. Si on ne prend pas les 3 points dans de tels matches, avec des ballons qu'il n'y a plus qu'à pousser, je ne vois pas comment on pourra gagner. Recherchons buteurs désespérément.
Après cinq journées, vous êtes 14e en perdant deux places à Arles, mais surtout vous vous situez à 5 points du leader.
Je vous rappelle tout de même qu'à la même époque l'an dernier, Vannes était encore plus mal (16e, 5 points, NDLR) et est allé au bout. On sait que lors des retours on aura plein de matches à la maison. On sait aussi le travail à accomplir, mais surtout, le contenu d'Arles est plein d'espérances, avec des combinaisons quelle que soit la distance sur les coups de pied arrêté, sur les touches, dans l'axe comme sur les côtés, qui nous offrent des palanquées d'occasions. Cela me fait dire que l'équipe de Cherbourg est plus forte que l'année dernière. Mais cette fois encore, on risque de mourir à une encablure de la tête parce qu'on n'aura pas le nombre de joueurs qu'il faut. Clairement, il me faut un attaquant et un couloir gauche.
Comment allez-vous occuper le temps libéré par le report de la venue de Gueugnon du fait de la Coupe de la Ligue ?
On va jouer un amical jeudi à Deauville (à 18 h 30 contre Amiens, NDLR). On va aussi s'entraîner tous les jours, physiquement ça va être assez dur, alterner avec des jeux stratégiques. Je vais laisser leur week-end aux joueurs avant d'aller à Niort, qui ne peut pas nous rattraper, et où une victoire nous propulserait très, très haut.
Recueilli par
Olivier CLERC.