Faut-il conserver la fresque de 1944 ?

















Construit dans les années 1960, le barrage du Semilly peut retenir jusqu'à 200 000 m3 d'eau. En période sèche, il permet trois semaines d'autonomie. « Cependant, pour la deuxième année consécutive, nous allons puiser dans ce barrage. Ce qui signifie que la saison a vraiment été pluvieuse », assure François Boullot, vice-président à la communauté de communes qui est la propriétaire des installations.
Lorsque le barrage ne permet plus d'approvisionner la ville, on puise alors dans le Fumichon, un ruisseau qui coule au sud de la ville. La Vire peut également être sollicitée. Collectée, il s'agit ensuite de retraiter cette eau brute pour la rendre potable. Une mission pour la station de Fumichon dont les premières installations datent de 1933.
Aujourd'hui, l'entreprise Véolia en a la gestion. Elle assure le traitement et la distribution de l'eau : « Il faut protéger le réseau bactériologiquement. Pour cela nous utilisons notamment du charbon actif et du chlore, explique Céline Raymond, responsable du service usine. On assure notamment l'élimination du manganèse qui provient des différents végétaux qui bordent nos rivières ».
Plus de 250 km de canalisations
Une fois le filtrage et l'hygiénisation réalisés, les boues sont renvoyées vers la station d'épuration. Une partie de l'eau traitée retourne dans le Fumichon : « C'est une obligation que nous avons pour assurer une surveillance », affirme Yves Rollot, responsable du développement commercial Basse-Normandie.
Rendue potable, l'eau va ensuite être stockée. Aux Ronchettes, le château d'eau et les réservoirs qui l'entourent peuvent contenir jusqu'à 7 000 m3 d'eau qui sont ensuite répartis entre les réseaux « haut » et « bas » de la ville. Un système de pompes et de surpresseurs permet un débit suffisant pour assurer la distribution dans les 262 km de canalisations qui quadrillent la ville et l'amener jusqu'à nos robinets.
La boue réutilisée pour l'épandage
Renvoyée dans les siphons des éviers ou des toilettes, l'eau va parcourir un nouveau chemin, celui des eaux usées : premier passage par la cuve enterrée du quai à Tangue, près de la plage verte. Une contenance de 1 800 m3 et un premier grillage : « On surveille ainsi d'éventuelles pollutions. Dans quelques semaines, le premier filtrage se fera désormais à la station d'épuration », assure Céline Raymond.
Dernier lieu de séjour de la goutte d'eau avant qu'elle ne retrouve son milieu naturel : la station d'épuration. L'eau y est retraitée biologiquement et bactériologiquement. La graisse récupérée est incinérée et le sable part pour l'enfouissement. La boue, fruit des traitements est ensuite traitée à la chaux pour être épandue dans les champs. « L'eau épurée est, quant à elle, rejetée directement dans la Vire... La boucle est ainsi bouclée ! », conclut Céline Raymond.
Benjamin FONTAINE.