Equitation : Didier Dhennin, de Pékin au Cotentin
Didier Dhennin, ici sur Ismène du Temple lors du stage à Saint-Martin-de-Bréal il y a un mois. : David Adémas
Grand Complet de Martinvast, jusqu'à dimanche. Sixième du completaux JO, Didier Dhennin se présente avec deux jeunes chevaux dans le CIC*.
Il s'en est fallu de peu pour que Martinvast accueille cette année un médaillé olympique français. À défaut de breloque, Didier Dhennin est revenu de Pékin il y a une semaine, fort d'une excellente sixième place dans le concours complet individuel. Mais encore hanté par les mésaventures de ses copains Jean Teulère et Nicolas Touzaint, dont les montures se sont blessées, condamnant ainsi les chances françaises de podium dans le concours par équipe. « On partait vraiment pour faire quelque chose en équipe, et cela a été un peu dur de voir tous ces espoirs tomber à l'eau, confie Didier Dhennin. On ressent de la déception et de la frustration, mais c'est la loi du sport. Même si on part favori, rien n'est jamais acquis. »
C'est même le propre des Jeux Olympiques. L'athlète américaine Lolo Jones, hyper-favorite du 100 m haies, en a aussi fait la triste expérience en trébuchant sur l'avant-dernière haie, alors que l'or olympique lui tendait les bras. Le plus important alors est de savoir rebondir. Ce qu'a fait Didier Dhennin. « J'ai continué mon bonhomme de chemin en individuel. Terminer 6e à ce niveau-là, c'est déjà une bonne performance, surtout quand l'écart de points est aussi peu marqué avec les premières places. C'est rare. »
« Martinvast, un site magnifique »
Mais l'exigence du champion lui interdit de se réjouir totalement de cet accessit. Car le cavalier saumurois sait qu'il pouvait faire encore mieux. « Je reste quand même un peu sur ma faim car plusieurs petites erreurs me coûtent cher au bout du compte, dont une sur le dressage qui me vaut des points de pénalité. C'est quelque chose que j'arrive à faire toute l'année, et à ce moment-là, j'étais absent. Après, sur le CSO, je prends trois points de pénalité évitables. Et au final, ces trois points-là me privent d'une médaille. »
À Martinvast, il ne sera pas question de médaille, ni même de Coupe du monde pour Didier Dhennin. Ismène du Temple, sa monture à Pékin, ayant bien mérité un peu de repos, c'est dans le CIC* qu'il concourra avec Encore une médaille et Love Flyer, deux chevaux de six et sept ans. « Je devais en amener trois, mais j'ai préféré laisser Orlando Lerchenberg, car j'avais peur que l'épreuve soit un peu trop dure pour elle. Je n'ai pas d'ambition particulière à Martinvast, ci ce n'est d'essayer de qualifier mes deux chevaux pour le Lion d'Angers. »
Plaisir est donc le maître mot ce week-end pour Didier Dhennin, sur un site « vraiment magnifique », qu'il apprécie particulièrement. « C'est la cinquième ou sixième fois que je viens ici. J'aime l'ambiance. Le parcours de cross est très bien pensé, et très en phase avec la nature, ce qui est dans l'esprit de notre discipline. »
B. C.
Ouest-France