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Un doublé, son cinquième, de l'Argentin Cavenaghi qui, ici entre Sorbon et Plante, grimpe sur le podium des buteurs (3e avec 14 réalisations) a scellé la troisième victoire d'affilée des Girondins. Des Bordelais récompensés puor leur envie et leur détermination à défaut de maîtrise totale. : Jean-Yves DesfouxDes sifflets nourris à leur apparition sur la pelouse. Une banderole explicite tendue dans le virage Sud (« Vengez l'affront »). Et une vilaine bruine apparue comme par hasard juste avant l'échauffement. Si d'aventure, il se trouvait quelques Caennais à douter des intentions girondines, le décor leur a sauté aux yeux hier, en fin d'après-midi.
Sur le terrain, en revanche, les Girondins ont joué l'apaisement. Il est vrai que Laurent Blanc avait enjoint ses ouailles à « ne pas se tromper de cible », en insistant sur le fait que seule importait la victoire. « Même 1-0, j'étais preneur », glissera après coup l'entraîneur bordelais. En s'imposant 2-1, son équipe lui a offert une variante dont il s'est contenté, après avoir souffert. « Caen n'a pas fermé le jeu et nous a posé des problèmes », reconnaît-il.
« Un match compliqué »
Désigné comme arbitre du duel entre Bordeaux et Lyon, le Stade Malherbe a assumé son rôle de composition. « Les Caennais nous ont rendu le match compliqué, avoue Ulrich Ramé, mortifié à l'aller par les cinq buts encaissés. En première période, ils ont été très disciplinés et notre propre déchet technique a favorisé leur travail défensif. »
Caen ne s'est pas contenté de tirer le verrou. Avant la pause, les Normands ont non seulement partagé la possession du ballon mais aussi les opportunités (trois franches de chaque côté). « Après avoir pataugé vingt minutes, analyse Franck Dumas on a bien rectifié le tir. Avec un peu plus de justesse dans la dernière passe, on aurait pu marquer. » Sur une pelouse glissante, Caen s'est ingénié à gâcher la fête espérée par le public aquitain.
« C'est devenu difficile »
Mais un coup de pied arrêté a lézardé son projet, Cavenaghi coupant astucieusement un coup franc de Wendel. « En plus, peste Vincent Planté, je suis sûr que Wendel loupe son coup franc. Il pensait frapper en force vers le but. » Franck Dumas, lui, se dit davantage énervé par la cause. « Ce but me reste en travers de la gorge, lance le coach. À l'origine, on rend le ballon bêtement dans l'axe aux Bordelais, à l'arrivée, ça fait coup franc et but. Sur ce coup-ci, c'est un manque d'intelligence. Après, c'est devenu plus difficile. »
Le sursaut de fin de partie, symbolisé par un but de Jérémy Sorbon, ne pourra qu'aviver les regrets, après un penalty converti par Cavenaghi. « C'est dur pour l'arbitre de ne pas le siffler, même si la main de Nico (Seube) est involontaire, pense Dumas. Au final, on n'est pas passés loin. On nous avait promis un match difficile, il l'a été moins que prévu... » Ravalant son amertume, Franck Dumas positive en insistant sur la « cohérence » de son équipe, restée « dans la continuité de ses dernières prestations. »
«On n'est pas loin du bonheur»
« Ce n'est pas une défaite qui fait mal », ajoute-t-il. Le Stade Malherbe peut se targuer d'avoir piétiné les plates-bandes de Bordelais dont la main verte à Chaban-Delmas n'a rien d'une légende. En 2008, les Girondins y ont empoché 22 points sur 24 possibles. « Cette équipe joue le titre », rappelle Planté, pas récompensé de ses efforts hier. Caen continuera simplement à jouer le maintien. « Avec huit points d'avance sur le premier relégable, lâche Dumas, on n'est pas loin du bonheur. Mais il en manque encore un peu. » Ce besoin d'augmentation du capital nécessitera l'accord de Paris, samedi prochain.
Jean-Pascal ARIGASCI.