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Jazz sous les pommiers 2008

Édition du lundi 05 mai 2008

Jazz sous les pommiers garde le bon tempo

Le festival de Coutances s'est achevé dimanche au petit matin. Il maintient le niveau de ses ventes

et présente un bilan des plus satisfaisants. Des concerts de très bons niveaux ponctués d'ovations.

« Nous sommes au niveau des deux éditions précédentes », annonce Jean-Paul Lecoutour, directeur adjoint. Tous les chiffres de Jazz sous les pommiers sont au vert : 35 000 billets émis (soit près de 30 000 vendus), 1 698 abonnés (un record), 29 concerts complets sur 43, un taux de fréquentation de 93 % et une recette de 420 000 €, soit un tiers du budget.

La partie n'était pas gagnée d'avance. « Ce bilan est d'autant plus sympathique que l'on pensait, avant le festival, que la baisse du pouvoir d'achat pouvait se faire sentir sur la billetterie », commente Denis Le Bas, directeur. Ce ne fut pas le cas. Jazz sous les pommiers poursuit sa politique de tarifs attractifs : « Les prix au théâtre, au Dimanche en fanfares ou encore au Magic mirrors n'ont pas bougé. » Par contre, les tarifs pratiqués pour les grosses têtes d'affiche (Wayne Shorter, 29 €, et Keziah Jones, 26 €) étaient en hausse sensible. « Les stars sont un peu plus chères », termine Jean-Paul Lecoutour.

Décibels limites

Côté artistique, là encore la satisfaction est de mise : des concerts de très bon niveau (citons « Saxophone massive », Wayne Shorter, Esperanza Spalding, Yaron Herman...), souvent ponctués par des ovations debout. « Les artistes nous l'ont dit cette année encore : ils sont épatés par la qualité d'écoute du public coutançais. » Le festival proposait aussi quatre créations. « Elles furent de qualité. C'est très important pour moi », ajoute Denis Le Bas.

Le directeur émet toutefois deux réserves : sur les concerts de Christian Vander, le batteur de Magma, et celui de Keziah Jones. Les avis étaient partagés à la sortie du concert du guitariste nigérian. Beaucoup se sont plaints du trop fort niveau sonore. « Les spectateurs pensent que nous cautionnons ce type de pratique. Au contraire, nous en sommes aussi les victimes, s'agace Denis Le Bas. Le concert a été desservi par une puissance sonore maximale autorisée, totalement inadaptée à notre salle. » La loi française autorise un maximum de 105 décibels, Keziah Jones a joué à 104 décibels... « Une partie de notre public n'a pas supporté. »

Ce bémol ne ternira pas un bilan somme toute satisfaisant. Dans les rues, l'ambiance est restée familiale. Les arrêtés réglementant la consommation d'alcool en ville ont prouvé leur efficacité. De quoi aborder la 28e édition, du 16 au 23 mai 2008, avec sérénité.

Christophe LECONTE.

Ouest-France

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