Faut-il conserver la fresque de 1944 ?

















Hugues Royer est éleveur aux écuries du Chenot à Aucey-la-Plaine. Sa jument, Païa, a été contaminée par un étalon du Haras du Pin, dans l'Orne. Elle est désormais en quarantaine pour éviter que les autres chevaux ne soient touchés par le virus. L'épidémie prend de plus en plus d'ampleur en Normandie et les éleveurs ont raison de s'inquiéter. Lundi, le comité de suivi annonçait onze foyers dans la région normande, seule touchée par le virus de l'artérite virale, dont sept foyers dans l'Eure, trois dans l'Orne et un en Seine-Maritime. Aujourd'hui, ce sont deux foyers de contamination qui se rajoutent au compteur, et ce pour la première fois dans le département de la Manche. Les haras nationaux viennent d'avoir la confirmation hier, d'un étalon du haras de Saint-Lô contrôlé séropositif, selon sa chargée de communication, Hélène de Becdelièvre : « C'est un cob normand, qui était au centre technique des Pieux. Il a été contaminé par une jument, lors d'une monte en main. Deux étalons privés se trouvaient dans le centre technique pour une insémination artificielle. Nous devons donc encore faire des analyses car il existe aussi des risques de contamination par voie respiratoire. »
Plutôt dans la semaine, c'est un éleveur de 35 ans, Hugues Royer, à Aucey-la-Plaine, qui a vu les résultats sanguins de sa jument se révéler positifs. Comme d'autres éleveurs, Hugues Royer, dépité, a reçu un courrier début juillet du haras du Pin, dans l'Orne, déclinant toute une liste d'étalons contaminés par le virus. Manque de chance, une de ses juments percheronnes, Païa, venait d'être inséminée avec le sperme d'un des étalons malades. Depuis, la jument est en quarantaine et l'éleveur craint que ses autres chevaux ne soient contaminés. L'effet boule-de-neige pourrait avoir lieu dans le département car la jument d'Hugues Royer a stationné au haras de Brécey au mois de juin, puis dans des haras privés.
Le drame, pour l'éleveur, c'est aussi le fait que le virus soit symbole d'une saison de monte peu fructueuse qui s'achève. Moins de poulains à vendre l'année prochaine, et des mesures de sécurité et d'hygiène très onéreuses. « Entre les prises de sang, la désinfection des locaux, tous les concours reportés et les saillies qu'on doit payer malgré le virus, la saison est bien finie pour moi », déplore-t-il. Le doute plane chez l'éleveur sur d'éventuelles aides financières qu'ils pourraient toucher et les démarches à suivre. « Dès ce soir, nous demandons d'arrêter la monte dans tous les centres. La mise en quarantaine des chevaux contaminés et la fin de tous les déplacements doivent être respectés jusqu'à nouvel ordre », explique Laurent Vignaud, responsable du haras national de Saint-Lô, désormais lui aussi sur ses gardes.
Charlotte MARIE.