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Alors, un sage, pour quoi faire ? Derrière ce nom à rallonge ¯ Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux du bassin de la Vire ¯ se cache un futur document visant à « préserver la qualité des eaux et de l'environnement », résume Stéphanie Legendre, chargée de mission au syndicat mixte du Val de Vire, la structure porteuse du projet.
En somme, un vaste programme avec plusieurs grands enjeux : l'approvisionnement en eau de la population, la préservation des activités de conchyliculture en baie des Veys ou encore la sauvegarde d'espèces de poissons qui effectuent des allers-retours entre la mer et le fleuve, pour s'y reproduire.
Protection des poissons migrateurs
C'est le cas des saumons, des truites de mer ou encore des anguilles. Or, « à cause des multiples usines hydroélectriques et barrages, ils ne peuvent plus remonter la Vire », regrette Daniel Joret, vice-président du syndicat mixte.
Sans compter que ce cloisonnement du fleuve (une écluse tous les trois à quatre kilomètres), « créer des étangs où l'eau macère », regrette-t-il, avec son lot de mortalité et de pollution à la clé. Car il ne faut pas oublier que « l'eau consommée par les Saint-Lois est en grande majorité ponctionnée dans la Vire ».
Mais d'un autre côté, « dès que l'on ouvre un barrage, ce sont les bateaux qui ne peuvent plus circuler partout. Ou encore certains agriculteurs qui craignent de voir leurs terres inondées d'eau de mer ». D'où la difficulté de ce projet pharaonique : faire converger les intérêts des multiples usagers, qu'ils soient professionnels, pêcheurs ou tout simplement autochtones.
C'est pourquoi une commission locale de l'eau, un groupe de travail de 61 membres manchois et calvadosiens, a été mise en place. Elle comprend des élus, des représentants des usagers, des associations et des collectivités territoriales. Ils se divisent alors en groupes de travail sur les aspects quantitatifs (ressources en eau potable), qualitatifs (la pollution) et les milieux (peuplements piscicoles, tourisme, loisirs etc.)
« Faut-il retirer tous les aménagements ? Seulement ceux qui présentent le moins d'intérêt ? » S'interroge Daniel Joret, alors même que « certains barrages sont considérés comme patrimoine culturel par la population ». Épineux problème entre les mains de la commission, qui prendra certainement de sages décisions.
Pratique. Plus d'informations sur www.sage-vire.fr
Virginie ÉNÉE.