Le soutien scolaire est un casse-tête
Organiser le soutien scolaire sans stigmatiser l'enfant en difficulté, sans allonger la journée de classe et sans prendre sur le samedi... un vrai casse-tête! : Archives Ouest-France
Où caser les deux heures de soutien pour les élèves en difficulté ? La question est particulièrement aiguë dans un département rural.
L'idée était pourtant simple : on enlève deux heures de classe à tous les élèves du primaire. Tous les écoliers de France passent à la semaine de 4 jours, sans rattrapage sur les vacances ou les mercredis. Les élèves sont désormais à 24 heures de cours par semaine au lieu de 26.
Les enseignants, eux, restent à 26 heures et doivent consacrer une heure trente par semaine au soutien scolaire. Oui. Mais quand ? « Le soutien scolaire est facile à organiser à Paris, où les écoles n'ont pas à jouer avec les transports scolaires » résume Patrick Lainé, du Sgen-CFDT. « En milieu rural, tout se complique... »
Comme une punition
La difficulté est d'abord d'ordre pédagogique. « La journée d'école est déjà longue, rappelle Patrick Lainé, est-ce une bonne idée de l'allonger encore pour les élèves en difficulté ? » Sans compter qu'avec deux heures de moins pour faire avaler un programme resté dense, les enseignants s'inquiètent du « bourrage de crâne » imposé à leurs petits élèves.
À ces préoccupations pédagogiques, s'ajoutent de légitimes préoccupations pratiques : difficile de garder un gamin une demi-heure de plus un soir par semaine quand le car l'attend dehors avec le reste de l'école. Le midi ? Si la pause repas est allongée, le personnel communal doit être mis à contribution pour prendre en charge plus longtemps les élèves qui ne sont pas concernés par le soutien scolaire. « On ne peut pas laisser sous le préau sans rien faire une demi-heure de plus, » image Patrick Lainé.
Donner du temps
Le samedi ? Le ministre est contre. Le mercredi ? Comment faire revenir des élèves pour une heure trente le matin, sans que cela ne ressemble à une punition ?
La quadrature du cercle ? C'est aux écoles de s'organiser pour en sortir. La plupart y ont réfléchi depuis juin et ont envoyé leurs propositions à leur inspecteur de secteur. « Nous avons trois types de situation », résume Marie-Hélène Leloup, inspectrice départementale, qui validera les projets. « Certaines écoles nous font des propositions immédiatement réalisables. D'autres auraient besoin d'aménagement à la marge _ autour de la cantine, de la garderie, ou du transport scolaire. Les troisièmes _ j'ai eu vent de cinq cas _ n'ont pas de projet : c'est l'inspecteur qui leur organisera le soutien scolaire, puisque ces heures sont dues aux enfants en difficulté. Nous nous donnons l'année pour faire le bilan et ajuster l'organisation à la rentrée 2009. »
Virginie de BONFILS
Ouest-France