Édition du vendredi 02 mai 2008
Les grosses pointures font décoller Coutances
Après Wayne Shorter, Tinariwen et Andy Sheppard, c'est au tour de Keziah Jones de jouer ce soir à Jazz sous les pommiers. Rien que du lourd.
Comme tous les festivals de jazz, Coutances s'évertue à programmer des
légendes vivantes du jazz. C'était le cas hier après-midi avec Wayne Shorter,
75 ans. Nul doute que ce concert a attiré des spectateurs bien au-delà
des frontières de la Basse-Normandie. Pas de petits ou de grands
discours, pas d'applaudissement, sans compromis, son concert n'est en
fait qu'un seul morceau. Ce que l'on pourrait prendre pour une suite de
performances trouve sa cohérence au son de son saxo velouté. La veille,
Tinariwen, un groupe de blues touareg, a démarré de
façon un peu mécanique. Puis le ton est monté et l'ambiance dans la
salle aussi pour faire finalement un bon concert. Un mot enfin pour Andy Sheppard. Résident
du festival, le saxophoniste anglais n'avait pas caché ses ambitions
pour cette création. Le résultat est séduisant. Andy Sheppard a su
rapidement s'affranchir des mélodies de Gainsbourg pour partir vers des
contrées proches de l'électro, voire du rock. Les deux guitaristes ont
souvent eu le dernier mot, à l'image d'une « Melody Nelson » d'enfer.
Les amateurs de jazz mélodique n'y ont peut-être pas entièrement trouvé
leur compte, mais quelles envolées !
Ouest-France