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En seize ans, Thierry Michel, médecin saint-lois, a été agressé deux fois physiquement et plusieurs fois verbalement. « Pour l'instant, nous sommes plutôt épargnés », relativise le Dr Jérôme Des Bouillons. Son collègue saint-lois, Thierry Michel, a débuté sa carrière en région parisienne : « J'ai déjà été confronté à des violences ici à Saint-Lô, mais cela n'a quand même rien à voir avec la situation de nos collègues dans certaines banlieues. »
« On a tenté de m'étrangler avec ma cravate »
Pour autant, cette augmentation des violences n'étonne pas les praticiens du secteur. « Ça ne m'est jamais arrivé mais il est vrai que j'ai une clientèle que je connais bien, explique Brigitte Bricout, installée à Guilberville. Souvent, les gens sont plus agressifs lors des gardes, quand ils ont affaire à un médecin qu'ils ne connaissent pas et notamment au téléphone. »
Nombreux sont ceux qui reconnaissent avoir récemment été insultés ou malmenés verbalement. « Souvent les conflits sont liés à des refus de prescription ou de certificat », déclare le Dr Thierry Michel. Par deux fois en 16 ans, il a été « agressé » physiquement. « On a tenté de m'étrangler avec ma cravate. Là, c'était quelqu'un avec un problème psychiatrique. Une autre fois, c'était un Monsieur tout le monde qui s'est énervé et m'a bousculé. » En février dernier, un Saint-Lois, non content de sa prescription, a dégradé un cabinet médical et était condamné à cinq mois ferme.
Le manque de médecins
L'Observatoire de la sécurité des médecins cherche à systématiser le signalement de ces violences. C'est aussi l'une des raisons de l'augmentation spectaculaire de ses chiffres en 2007. « On demande à ce que chaque cas soit déclaré afin de rassurer nos collègues dans l'exercice quotidien de leur métier, explique Jean-Yves Bureau, président du conseil départemental de l'Ordre des médecins. Ça leur montre que le conseil est avec eux. Il peut porter plainte à leur place sans qu'ils soient eux-mêmes mis en cause dans l'affaire. »
Source de tensions : le manque de médecins. « Le mien a refusé de continuer à s'occuper de ma fille quand elle a eu 16 ans car elle avait trop de patients. Je comprends que ça puisse énerver certaines personnes », explique Agnès Fossey, une patiente. Autre cause principale des agressions, le temps d'attente jugé excessif.
« Aujourd'hui, les gens sont agressifs pour des problèmes de papiers et de remboursement, conclut Jean-Yves Bureau. Par exemple, les franchises médicales. Nous, on y est pour rien. C'est comme les caissières des supermarchés sur lesquelles on s'énerve quand les prix augmentent, alors que ce n'est pas leur faute. »
Lucie THUILLET.
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