Morvan : « Jamais je n'ai navigué aussi grave »
Gildas Morvan a remporté, hier, la deuxième étape de la Solitaire du Figaro à Cherbourg. : Jean-Yves Desfoux
Solitaire du Figaro (2e étape Vigo - Cherbourg). Le Finistérien Gildas Morvan a remporté hier,
à Cherbourg, une victoire pleine d'audace.
Partagez vos photos de l'arrivée des bateaux !
Il était 18 h 26, hier, dans la rade de Cherbourg lorsque Gildas Morvan a franchi en vainqueur la ligne d'arrivée lors de la deuxième étape de la Solitaire du Figaro. Le marin de Landeda remporte là sa 4e étape en treize participations. Une victoire pleine de culot, conclue au milieu des cailloux normands, au prix de gros risques.
Gildas Morvan, au début de cette étape, vous réussissez un joli coup le long de la côte espagnole. Est-ce le point de départ de votre victoire ?
Oui. Il y avait un petit truc à faire en Espagne. Le vent était très sud près de la côte, ça aurait été dommage de ne pas profiter de ce couloir. En 1999, lors de ma première victoire d'étape sur la Solitaire (NDLR : entre Baïona et Douarnenez), j'avais profité du même scénario. Quand je suis ressorti, le vent avait tourné au sud-ouest et j'avais gagné 5 milles sur les autres. Et puis, ensuite, il y a eu l'accélération au Cap Finisterre.
Hier, juste avant l'arrivée à Cherbourg, vous êtes encore allé jouer près des cailloux...
On peut même dire que j'ai attaqué énorme. Normalement, jamais tu ne dois faire ça en solitaire. Je n'avais pas forcément envie d'aller à l'intérieur des cailloux et des îlots au passage du Cap de la Hague. Mais, pour gagner, il fallait y aller. Il y avait au moins 8 noeuds de courant, ça affleurait de partout. Là, si tu touches, tu coules. Et tu rentres à la nage. C'était hyper dangereux. J'y suis allé franco... et j'ai talonné. Jamais je n'ai navigué aussi grave. Mais je savais que ça passait. Je l'avais fait en équipage sur une étape du Tour de France à la voile. Et d'ailleurs, on avait talonné...
Vous avez tout de même pris de gros risques...
C'était quitte ou double. Mais pour regagner du temps, il faut savoir être agressif. Ce n'est pas en jouant « petit zizi » qu'on reprend huit heures au leader (NDLR : l'écart entre Troussel et Morvan à l'arrivée de la première étape).
Pensez-vous que vos poursuivants ont eu la même idée ?
Je ne sais pas. Moi, quand je suis passé, ce n'était pas bon. Mais, pour eux, le courant s'amplifiant, ça devait être hyper chaud.
Vous avez regagné près de deux heures sur le leader. Est-ce suffisant pour croire encore à la victoire au classement général ?
Tant que la ligne d'arrivée ne sera pas franchie à l'Aber Wrac'h (NDLR : terme de la 3e et dernière étape), j'y croirais. Une chose est sûre, je ne peux pas arriver 15e là-bas. Donc, je serai énervé jusqu'à la fin.
Recueilli par
Renaud PELARD.
Ouest-France