Notes du bac blanc : une grosse claque !
À 44 ans, journaliste à Ouest-France, je repasse mon bac littéraire. Épisode 7 : grosse gamelle à l'examen passé aux côtés d'élèves de terminale.
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Feuilleton
Patatras ! 7/20 en littérature, 7,5 en histoire-géo, 10 en philo : je me suis planté au bac blanc. Dans l'Éducation nationale, la gifle est dans l'air du temps. On vient de m'en coller une maison ! Je suis sonné. Un oeil sur mes copies? Accrochez-vous.
En littérature, en deuxheures, j'avais traité deux sujets au lieu d'un. Le premier sur les Contes de Perrault ; le second sur Roméo et Juliette, de Shakespeare. Un gros « inutile » rouge souligne que je n'avais pas à analyser William vu que j'avais déjà examiné les écrits de Charles. Hors sujet ou pas hors sujet, telle était la question... J'ai quand même pris une correction: « Un seul sujet ! Des généralités, du remplissage, aucune analyse précise de l'oeuvre, la méthode est à revoir. » Ça flingue : plan inexistant, tournures familières, manque d'exemples concrets pour appuyer la démonstration. La marge de ma copie est un florilège de « banal, vague, délayage, à proscrire. » Je vais finir en Peau d'âne !
Gagné d'avance, tu parles...
En histoire-géo, mon sujet sur l'Allemagne au coeur des relations Est-Ouest et ma carte du Brésil sont logés à la même enseigne. Je pensais m'en être pas trop mal sorti. Détrompe-toi mon bonhomme ! Pas question de faire « une introduction avant de répondre aux questions posées : il faut être plus concis et les réponses sont à centrer davantage sur les documents.» Il s'agit d'« éclairer le contexte, d'avoir une analyse critique, ce qui n'est pas émettre un jugement personnel mais confronter le document aux faits. » Je vous épargne le croquis en géo...
En philo, ma dissertation sur Que doit-on retenir de l'histoire? fait preuve d'« une réflexion intelligente sur un sujet difficile. Mais certaines analyses posent question. Ne tombez pas dans le versant moralisant. » Dans les annotations en marge de la copie, je note beaucoup de « oui » et des questions incitant le candidat à pousser plus loin sa réflexion. À la lecture du corrigé, si je n'avais pas vu ma note avant, je me serais mis entre 12 et 13. Ce 10 me semble revu et corrigé.
Certains - dont des profs - me rassuraient: « Le bac, pour vous, journaliste, avec votre maturité, c'est gagné d'avance ! » Vous êtes prévenus : le premier qui me dit que le niveau du bac a baissé, je lui en colle une!
Yann HALOPEAU.
Ouest-France