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Jean-Luc Dufresne a reçu la visite de Michel Élie. Dans ses mains, un premier tableau représentant sans doute Ferdinand Osmont, et le second, André Osmont. Aucun des deux ne peut encore être identifié comme une oeuvre de Camille Corot. Depuis la fin du mois de juin, l'impressionniste est à l'honneur au Musée des beaux-arts, à travers une oeuvre empruntée au Louvre : une vue de Saint-Lô avec son regard d'artiste en villégiature. Amoureux de la nature, Corot aimait représenter les paysages idylliques qu'il admirait au fil de ses voyages.
Ses pérégrinations l'ont amené dans la Manche. D'après de nombreuses lettres et à travers ses toiles, on sait qu'il séjournait chez un couple saint-lois, les Osmont. « Corot avait pour ami, au collège, un certain Abel Osmont. Il venait régulièrement passer ses vacances chez lui », confie Jean-Luc Dufresne.
Deux tableaux mystérieux
Aujourd'hui, de nouveaux éléments permettent de confirmer ses séjours dans la Manche. Michel Élie, avait un arrière-grand-père : Isidore. C'était le grand-oncle d'André Osmont, lui-même oncle d'Abel Osmont, le fameux ami de Corot. Et voilà que Michel Élie débarque de l'Aisne à Saint-Lô, avec un carton entier de lettres et de photos sous le bras. Des documents qui attestent des relations très fortes entre le peintre et les Osmont. En revanche, le mystère reste encore entier sur deux oeuvres retrouvées dans le grenier familial.
« Le premier tableau représente André Osmont, secrétaire de Talleyran : il n'est pas signé. Quand mon père l'a ressorti du coffre du grenier il m'a aussitôt dit : « c'est le petit Corot ! » », affirme le restaurateur, passionné par l'histoire de ses ascendants. « Dans le testament de la femme de mon arrière-grand-père, on mentionne également un des tableaux comme « le petit Corot. »
Difficile pourtant d'attribuer catégoriquement l'oeuvre au peintre : on y reconnaît moins la patte de Corot que dans ses oeuvres les plus connues. Plusieurs indices laissent penser, par ailleurs, que la seconde toile découverte pourrait être du peintre impressionniste. Le portrait qu'il représente possède de réelles similitudes avec un Corot, signé celui-là, en ce moment exposé au Japon.
Jean-Luc Dufresne et Michel Élie, aidé du conservateur du Louvre, Vincent Pomarède enfileront bientôt leur costume de détectives pour tenter de percer ce secret. En attendant, le public peut venir admirer au Musée des beaux-arts, du mercredi au dimanche de 14 h à 18 h, les tableaux de Corot. Dont les deux oeuvres mystérieuses et quelques lettres de l'artiste...
Benjamin FONTAINE.