Tourisme en juillet : la Manche fait grise mine
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Sally Howie McDevitt, hier après son arrivée à Saint-Lô, en compagnie de Janine Vérove, Michael Yannaghas (tous deux de l'association Saint-Lô 44 Roanoke) et le premier adjoint Ugo Paris. La fille du Major Howie honorera aujourd'hui de sa présence les cérémonies de commémoration de la libération de la ville. Non, je suis déjà venue en 1969, pour le 25e anniversaire du Débarquement, et en 1994 pour le 50e. Ma mère était avec moi en 1969. Cette année-là, c'était très impressionnant parce que les généraux Bradley et Gerhardt étaient également là. Et puis, la gratitude des Saint-Lois nous avait beaucoup touchés. Je suis vraiment très honorée d'avoir été invitée par la ville de Saint-Lô pour revenir en 2008, année du centenaire de la naissance de mon père.
Comment la municipalité a t-elle pris contact avec vous ?
Oh, le plus simplement qui soit ! Par des échanges de courriels avec l'association Saint-Lô 44 Roanoke, dans un premier temps, puis avec le cabinet du maire, qui tenait vraiment à notre présence. Nous n'avons pas hésité longtemps. Je suis venue avec sept personnes de ma famille, dont ma fille Julia.
Avez-vous le sentiment d'être la fille d'un héros ?
Oui, absolument. Mais il n'a pas été le seul à en être un, de héros ! Cette période en a connu beaucoup. J'espère que mon père les représente bien...
Vous aviez 6 ans quand il a été tué. Comment l'avez vous appris sa mort ?
C'est une copine un peu plus vieille que moi qui me l'a dit ! Je crois que ma mère ne savait pas comment m'annoncer la nouvelle...
Quels souvenirs avez-vous de lui ?
En fait, j'en ai très peu car étant née en 1938, j'étais encore très jeune quand il est parti en Angleterre en décembre 1942 pour préparer le Débarquement. Heureusement, il me reste les quelque 25 ou 30 lettres et cartes postales qu'il m'a envoyées pendant cette période-là... J'ai de la chance, il écrivait beaucoup. Et pas uniquement à moi. C'était quelqu'un de très cultivé, attentif aux gens. Dans mes pires cauchemars, je les perds ces lettres. C'est dire si j'y tiens !
Intimement, qu'est-ce que cela représente pour vous de venir à Saint-Lô ?
C'est l'endroit où mon père est mort, et où je ressens le plus la gratitude des gens. Célébrer sa mémoire, 64 ans après, c'est incroyable. Et important. Nous avons un devoir de mémoire. Mais c'est vrai que quand je pense à lui, c'est aux États-Unis que je l'imagine. Et je regrette un peu qu'il soit inhumé ici à Colleville-sur-Mer, près d'Omaha-Beach. Sa tombe, j'aurai voulu la fleurir plus souvent. Mais ma mère m'a toujours dit qu'il aurait aimé être enterré au milieu de ses copains soldats. Alors, venir en France, c'est aussi aller sur sa tombe, très simplement.
Propos recueillis par Ludovic RENOULT.
Pratique. Cérémonie commémorative à 18 h, ce vendredi, au Monument du Major Howie, puis défilé jusqu'à la place Sainte-Croix. 18 h 15 : dépôt de gerbe devant la plaque apposée sur l'église. 18 h 30 : place Sainte-Croix, remise du diplôme de « Citoyen d'honneur » à deux vétérans de la 29e DI US.