Faut-il conserver la fresque de 1944 ?

















AVRANCHES. - La fin de l'école du samedi, dans le primaire, conduit à la généralisation de la semaine de quatre jours. Dans la Manche, un canton fait de la résistance : Brécey, près d'Avranches.
Bernard Tréhet, président de la communauté de communes et conseiller général UMP, milite pour des journées d'écoliers plus courtes, réparties sur cinq jours. L'élu, lui-même agrégé de biologie, suit ainsi les recommandations de nombreux « chronobiologistes », spécialistes du rythme de l'enfant.
« On pouvait déroger à la règle des quatre jours si une double majorité, élus et conseils d'école, s'y opposait, raconte Bernard Tréhet. Ce fut le cas dans le canton de Brécey, à l'exception d'une commune, Le Grand-Celland, qui va cependant, majorité oblige, se plier à la règle cantonale. »
Les écoliers iront donc en classe les lundi, mardi, jeudi, vendredi, ainsi que deux mercredis matin sur trois. Le 3e mercredi, leurs professeurs seront en formation.
Atelier pour tous, le soir
À Brécey comme ailleurs, les écoliers n'auront plus que 24 heures de cours par semaine. Et 1 h 30 à 2 h de soutien individualisé. Là encore, le bât blesse, selon Bernard Tréhet. « Pas question que les quelque 20 % d'enfants relevant du soutien scolaire soient dépréciés par les autres. Ni de les garder à des heures où leurs camarades auront quitté l'école... » À Brécey, donc, ce sera ateliers pour tout le monde et tous les soirs, de 15 h 45 à 16 h 30 : soutien, mais aussi aide aux leçons, activités artistiques, voire garderie. Le tout gratuit.
Cela ne fait pas, pour autant, le bonheur de tous les parents du canton. « Moi, j'aurais préféré quatre jours, mais bon... », constate la mère de deux écoliers de Brécey. « On espère que tout se passera bien. Mais on se demande comment des parents ont pu accepter ça », grogne une autre. Et si la semaine était passée à quatre jours ? « On aurait entendu la même chose, mais à l'inverse », commente une enseignante, philosophe.
Mauricette GUITTARD.
Très peu d'exemples dans l'Ouest. Trois communes de la Sarthe restent aux 4,5 jours : La Ferté-Bernard, Vivoin et Avezé ; dans l'Orne, Longny, les secteur du Perche-Sud et de Mâle-La Rouge ; en Vendée, quatre écoles publiques de La Roche-sur-Yon et une, à Nalliers... La mairie socialiste de Brest, partisane des 4,5 jours, a demandé en vain un moratoire d'un an au ministre, pour avoir le temps de généraliser l'école du mercredi. Du coup, elle ne décolère pas !
Contradictoire, le ministre ? « Je lis que Darcos est pour la semaine de quatre jours. C'est faux ! Je suis pour la semaine de quatre jours et demi. Si j'avais présidé un conseil d'école, j'aurais choisi quatre jours et demi », a déclaré le ministre de l'Éducation, la veille de la rentrée. Xavier Darcos a supprimé l'école du samedi, mesure très populaire chez les parents-électeurs. Il s'apprête à faire de même au collège. Mais il invite les écoles à ouvrir le mercredi.
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