Faut-il conserver la fresque de 1944 ?

















« Aujourd'hui, explique-t-elle, je suis parvenue au bout de mes économies. » Inscrite à son compte, elle est actuellement sans ressource et se débrouille avec 100 € par mois. Une situation délicate qu'elle ne compte pas voir s'éterniser : elle envisage de retourner à Bordeaux si elle ne parvient pas à concrétiser son projet.
Mais en attendant, elle doit faire face, notamment à une facture EDF d'environ 200 €. « Si je ne la paie pas d'ici la fin du mois, on me coupera l'électricité. Sur les conseils d'une assistante sociale, j'ai donc sollicité une aide du Fonds de solidarité logement, le FSL, géré par le conseil général. » Secours qu'on lui a refusé. Même en arguant de son statut de « primo-demandeur » comme du montant peu élevé de la facture (pourtant des critères d'obtention du FSL) rien n'y a fait : elle ne présente pas apparemment le bon « profil ». « En fait, je ne rentre pas dans les bonnes cases. Notamment parce que je refuse de m'inscrire au Rmi, puisque j'estime que ma situation est temporaire. »
« Des mesurettes ! »
Isabelle a contacté Pierre Bihet, conseiller général PS d'Equeurdreville-Hainneville, qui depuis plusieurs mois, dénonce la gestion du FSL dans la Manche. « Ce dossier illustre la nécessité d'une réforme en profondeur du règlement du FSL dans la Manche, sans doute l'un des plus stricts en France. » Pierre Bihet regrette « la gestion beaucoup trop administrative, trop éloignée des réalités du terrain. »
Le conseiller général du Nord-Cotentin reconnaît que certaines dispositions ont été prises pour faciliter l'attribution de ces aides, après la découverte au printemps dernier, d'un « étonnant » excédent du FSL, avoisinant les 2 millions d'euros. « Mais il s'agit pour moi de mesurettes. Nous attendons de voir leurs effets, notamment en disposant d'un point précis à la fin de l'année. »
De son côté, le vice-président Marc Lefevre, en charge de la commission FSL lors du précédent mandat, a expliqué lors de la dernière session du conseil général, qu'une révision est effectivement en cours. « En octroyant plus de subventions que de prêts, à l'inverse des années précédentes, nous redistribuerons plus en 2009 qu'en 2008. » Et promet que la commission s'attachera à revoir les conditions d'accès.
En attendant, pour sa facture d'électricité, Isabelle n'a plus qu'à solliciter l'arbitrage du président Le Grand.
Nathalie LECORNU-BAERT.
(1) Prénom d'emprunt.