Solitaire du Figaro : Morvan veut encore croire que tout est possible
Solitaire du Figaro (2e étape Vigo - Cherbourg). Grâce à une stratégie gagnante le long des côtes espagnoles, il s'est relancé au général.
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« Ça, c'est ma vengeance contre Troussel. » Gildas Morvan est hilare. Il savoure, au ponton, le champagne de la victoire. Sa quatrième en 13 ans sur la Solitaire du Figaro, dont il est désormais un vétéran. « Je pense effectivement que c'est ma plus belle victoire, car l'étape était longue et très difficile avec des conditions météo très différentes et des passages très difficiles à négocier. »
Lors de son dernier succès sur la Solitaire du Figaro, en 2005, Gildas Morvan, n'avait pas eu l'occasion de manifester sa joie. En fait, il avait franchi la ligne en 2e position à Santander, derrière Gérald Véniard et avait récupéré la victoire sur tapis vert après disqualification du vainqueur. Hier soir, le skipper de Landéda ne s'est pas privé de laisser exploser sa joie. Une joie toute léonarde, immense à l'intérieur, mais humblement exprimée.
Un pari gagnant
Car cette victoire-là ne doit rien à personne. Peu après le passage du cap Finisterre, Gildas Morvan a tenté un coup en venant longer les côtes espagnoles pour ressortir quelques heures plus tard devant la flotte. « J'étais sûr de mon coup, en tirant dans les baies. La rotation était annoncée au sud. C'est là qu'il fallait être. Ce qui est marrant, c'est que j'avais fait le même coup en 1999, lors de ma première victoire d'étape. J'ai réessayé et ça a marché. »
Fort d'un avantage de 7 à 9 milles sur le reste de la flotte, le grand spi blanc et vert a ensuite ouvert la voie dans le Golfe de Gascogne. Sans jamais se retourner pour savoir où était la meute. « Depuis que l'on ne nous communique plus la position des autres, je fais ma route sans tenir compte de la concurrence, avoue-t-il. Peut-être que si j'avais su où ils se positionnaient, j'aurais été tenté de contrôler. » Voilà peut-être venu le nouveau Morvan. Celui qui ne calcule plus. Celui qui croît en lui, en ses capacités. En sa vitesse aussi.
Un sondage parmi les ténors de la classe, sur les pontons de la Rochelle, le donnait souvent vainqueur. « Gildas, il a un truc cette saison, il va vite. C'est le favori », confiait Nicolas Troussel. « En plus c'est bien, car on sait que lorsqu'il a la pression, il a tendance à la gérer difficilement » poursuivait, avec malice, un autre ténor du peloton.
Depuis l'an dernier, Gildas Morvan a beaucoup navigué avec Jean Le Cam, sur d'autres supports. Une expérience qui lui a beaucoup apporté. « Avec Jean, quand on fait un choix stratégique, on fait jusqu'au bout, quoi qu'il arrive. » Avec un peu moins de deux heures d'avance sur Nicolas Troussel, sur cette étape, Gidas Morvan compte encore 6h18mn de retard au général, sur son compatriote nord-finistérien. « Ça ne fait rien, j'y crois encore. De toute façon, ils savent que je suis énervé, je le leur ai dit à la VHF, rit-il. Qu'ils ne comptent pas sur moi pour arriver 15e à l'Aber-Wrach. J'arrive à la maison. Et Nico le sait... »
Jacques GUYADER.
2e étape : 1. Morvan (Cercle Vert); 2. Troussel (Financo) à 1h52'37''; 3. Pratt (DCNS 97) à 1h52'41''; 4. Chabagny (Suzuki Automobiles) à 1h55'40''; 5. Tabarly (Athema) à 1h56'37''...
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