Sport : la ville voudrait passer le relais
Les infrastructures utilisées par les associations sportives de Saint-Lô.
Plus de la moitié des adhérents des associations sportives saint-loises n'habitent pas la ville. Le maire François Digard souhaite que la communauté de communes se penche sur la question.
Saint-Lô versera, cette année, 230 923 € de subventions aux 49 associations qui composent le paysage sportif saint-lois. La somme, approuvée lundi soir lors du conseil municipal, fait réfléchir le maire. En effet, si François Digard s'est réjoui de voir le nombre de pratiquants sportifs augmenter, ce que l'on n'a pas vu depuis longtemps », il s'interroge sur les limites de cette aide apportée, et entièrement supportée, par la ville.
Car sur les quelque 6 300 licenciés sportifs que compte Saint-Lô, 56 %, soit plus de la moitié, n'y habitent pas. Mais surtout, ils n'y payent pas les taxes locales. « Alors que subventions et investissements sont financés par les impôts », souligne François Digard. Il reconnaît cependant que « le problème n'est pas nouveau ». Ce qui l'est moins, c'est l'ampleur du phénomène, conjuguée à la perte d'habitants enregistrée depuis le recensement de 1999, évaluée pour l'instant à 400 habitants en moins.
Le maire propose donc de dresser un état des lieux précis des lieux de résidence des licenciés. « Nous ferons alors une proposition aux collègues de la communauté de communes de l'agglomération saint-loise, voire d'ailleurs, de prendre la compétence sportive, a annoncé, lundi soir, François Digard. Mais tout le monde n'est pas en attente de cela au sein de la CCASL. » Le maire saint-lois est conscient que ça prendra un peu de temps ; « ce n'est pas pour cette année, ni sans doute l'année prochaine. C'est complexe, car la question touche aussi la culture ».
Une prise de compétence qui s'inscrirait comme la suite logique des démarches déjà engagées, à l'image du futur gymnase Saint-Ghislain, projet financé par les onze communes. « Si la communauté de communes prend la compétence sportive, elle intégrera aussi la gestion des équipements du territoire, a précisé François Digard. Ce qui soulagerait d'autant le budget des communes. » Et donc au premier chef Saint-Lô et sa quinzaine d'installations (voir infographie).
L'opposition municipale, par la voix d'Hervé Legendre, s'est montrée favorable à cette réflexion. « Assortie de simulations nécessaires, a insisté le conseiller municipal, car il existe aussi des activités sportives ailleurs qu'à Saint-Lô. »
Nathalie LECORNU-BAERT.
Ouest-France