Faut-il conserver la fresque de 1944 ?

















Gilles Quinquenel, président de Manche numérique, et Josselin Lotier, de Polyconseil, dans la voiture qui parcourt toutes les routes manchoises entre juillet et octobre, afin de mesurer la qualité de service des réseaux de téléphonie mobile. Il y a bien eu des plans nationaux pour résorber les zones blanches, non couvertes par les opérateurs, où le nombre d'habitants au mètre carré pose la question de la rentabilité. L'État a, en partie, complété la couverture initiale assurée par les trois opérateurs privés : SFR, Orange et Bouygues. Tous les centres bourgs et les routes, utilisées par plus de 5 000 véhicules par jour, doivent désormais être desservis, au moins par un opérateur, pour les appels d'urgence. « Le reste, l'État ne s'en occupe pas. Nous, ce reste nous intéresse ! »
Manche numérique a donc lancé, en juillet, une étude pour évaluer la qualité actuelle des réseaux. Observer les endroits où l'on capte et où l'on ne capte pas.
Un jeune homme, Josselin Lotier, a déjà parcouru 12 000 km avec sa voiture, équipée d'un système permettant d'enregistrer 70 000 points de mesure dans tout le département. Sur le toit du véhicule, trois antennes, une pour chaque opérateur, reliées à trois boîtiers qui enregistrent la qualité des signaux reçus. En sortira une carte de la Manche avec des points rouges (signal absent) et des points bleus (signal performant). Coût de l'étude : 25 000 €.
La synthèse, établie dès la fin du mois d'octobre, aidera Manche numérique à démarcher SFR, Orange et Bouygues et à prendre une décision politique. En somme à « mettre les pieds dans le plat ! Les collectivités doivent s'investir, mais ne sont pas là pour prendre la place des entreprises », explique Philippe Le Grand, directeur de Manche numérique.
Jusqu'ici, aucune collectivité française, hormis l'État, n'avait mis son nez dans leurs affaires. Quelle doit être la place de l'intervention publique dans ce domaine privé ? Réponse d'ici le début de l'année prochaine.
Nadine BOURSIER.