Faut-il conserver la fresque de 1944 ?

















Tantôt sur la défensive (à gauche), tantôt attaquant (à droite), Axel Michon s'est défait du Strasbourgeois Antoine Féret (-4/6) 2-6, 6-3, 6-3, hier en demi-finale, sur le court n°17. Aujourd'hui, il dispute la finale contre Joachim Sternbach (Saint-Maur), un joueur classé -2/6. Mais non. Le garçon tend le dos, résiste, s'encourage sur chaque point, continue d'avancer dans le court. Il est malmené (il a perdu 6-2 le premier set) mais il veut toujours montrer que c'est lui qui dirige le jeu : « Je me suis forcé, malgré la peur, à être offensif. Je commence à avoir de l'expérience et je sais que ça ne sert à rien d'être passif. Il ne faut jamais avoir de regret. J'ai la certitude que c'est toujours celui qui va de l'avant qui gagne. »
Il n'a pas été trahi par sa stratégie car le scénario est toujours le même depuis le début de ces championnats de France : il fait perdre la tête à ses adversaires. Antoine Féret, dont le jeu est bien parti en vrille, surtout au troisième set, n'a pas échappé au syndrome.
« Au niveau de l'attitude, Axel est dans la continuité. Il se faisait marcher dessus mais il n'a jamais baissé les bras. Féret, il l'a fait exploser mentalement et il finit même en trombe », analyse Johan Brun, l'entraîneur fédéral de la Ligue de Normandie. Le coach caennais va vivre sa deuxième finale juniors consécutive après celle de la Cherbourgeoise Kinnie Laisné la saison dernière. Rare.
Gérer sa tension
Est-ce à dire que le titre tend les bras au Granvillais ? Oui, s'il parvient à gérer son extrême tension. C'est son talon d'Achille. Le revers de médaille de son esprit combatif. Véritable pile électrique, frétillant à chaque seconde, il peut parfois perdre en lucidité. Cela lui a valu quelques passages à vide lors de ses premiers tours et il lui faut désormais apprendre à trouver le bon dosage.
Et puis, il y a une donnée qui change. Joachim Sternbach (-2/6, Saint-Maur), son adversaire en finale aujourd'hui, a un tennis bien différent des joueurs qu'il a rencontrés depuis une semaine. Pas de gros coups, des balles qui ne claquent pas, des coups droits chopés. Le n°1 des Pays-de-Loire, Nassim Slilam (-15, Angers), qui était tête de série n°2 du tableau, s'est cassé les dents contre lui en quarts de finale. Sternbach, c'est un peu la surprise de la semaine à Roland-Garros. « Il est bien meilleur qu'il n'y paraît, prévient Axel Michon. Je vais essayer de me battre encore. » On n'en doute pas.
Bénédicte RENOU.