Faut-il conserver la fresque de 1944 ?

















Kinnie Laisné et Axel Michon n'ont pas à rougir. Ils sont éliminés mais ont tenu la dragée haute à leurs adversaires. : Vincent DerosierSous le coup de la déception, Kinnie Laisné est au bord des larmes. Son visage perle de sueur, décomposé par les efforts qu'elle vient de consentir, pendant deux bonnes heures, sans avoir été payée en retour. Tout le contraire de son match précédent, contre Adeline Goncalves (-30, La Grande-Motte), dont elle était sortie victorieuse, 7-6 à la manche finale, grâce à son mental et aux qualités de battante qu'on lui connaît.
Hier, elle s'en voulait surtout parce que, plusieurs fois, elle a eu l'occasion de distancer son adversaire au cours d'une première manche qui aura pratiquement scellé l'issue de ce quart de finale. « J'ai eu trois balles de set, sur son service, à 6-5, puis encore une dans le tie-break. Je n'ai pas été capable d'en exploiter la moindre. Des regrets ? Pire, c'est du gâchis ! »
Quelques fautes, dans les moments importants, dont l'une sur une volée de revers dans le filet, l'ont sans doute privée d'une victoire qui était à sa portée. Face à une joueuse expérimentée, de presque dix ans son aînée, c'était trop ! Une fois perdu le jeu décisif 7-9, après avoir sauvé, à son tour, une balle de set, tout est devenu plus compliqué. « Physiquement, j'ai ressenti des douleurs ; mentalement, j'ai accusé le coup. Je n'ai pas lâché mais elle a pris un ascendant. Elle était gonflée à bloc, et je n'ai jamais pu revenir. »
Si près, si loin...
Décidément, le sort d'une rencontre ne tient pas à grand-chose. En tennis, c'est une lapalissade. Au même moment que Kinnie Laisné, Axel Michon (-15) l'a également vérifié à ses dépens, en 8es de finale, contre François-Arthur Vibert (-4/6, Lyon), sur le court no 14.
Le Granvillais, champion de France juniors, comme Kinnie Laisné, il y a un an, doit encore se demander comment il s'y est pris pour ne pas conclure à 6-0, 5-4, sur son engagement. « C'est très simple, commente Johan Brun, entraîneur fédéral de la ligue de Normandie. Il s'est crispé pour finalement céder la 2e manche (5-7). Or, le service n'est déjà pas son point fort. Ce n'est pas un coup neutre, c'est un handicap pour lui. On l'a encore vu, en début de 3e set, alors qu'il avait pourtant breaké en premier. »
Le vent ne soufflait plus en faveur d'Axel Michon. Dans un ultime sursaut, celui-ci s'est, toutefois, accordé un sursis, en comblant son service de retard, à 4-5, mais les dés étaient jetés. À l'heure de confirmer pour revenir à égalité, ses chances de succès s'envolèrent pour de bon. « Il ne peut pas compenser son déficit de puissance en permanence, explique Johan Brun. Il vient d'enchaîner dix matches en deux semaines. Et forcément, en bout de course, ça finit aussi par se ressentir au niveau de l'intensité. »
La cueillette d'Axel Michon, sur la terre battue parisienne, n'en est pas moins superbe. Avec neuf victoires d'affilée, dont deux « perfs » à -30 depuis samedi, et son titre obtenu chez les juniors, c'est à coup sûr ce qu'il faut retenir en premier lieu.
Michel LE TUTOUR.