Sons et lumières
Webcam
Co-voiturage



« Aujourd'hui, on va plutôt dans la rue Torteron pour une boutique particulière que pour y flâner », regrette le président de Saint-Lô commerces, Jean-Pierre Eudes. « Depuis quelques années, le noyau commercial saint-lois s'est déplacé vers le haut de la ville, poussé par l'installation de Planet'R dans la rue Maréchal-Leclerc », avance Jean-Pierre Eudes, président de l'association Saint-Lô commerces. Maintenant, « il faut avoir envie de « descendre » dans la rue Torteron, regrette-t-il, où l'on va plutôt pour une boutique particulière que pour y flâner ».
Un centre-ville redessiné
Si bien que cette artère se retrouve coincée entre un centre-ville très concentré ¯ rues Maréchal-Lerclerc et Havin ¯ et un quartier de la gare qui reprend des couleurs, entre l'aménagement de la Plage verte et la construction du futur multiplexe cinématographique. Le problème, pour Jean-Pierre Eude, vient avant tout de l'implantation progressive « d'agences ou d'enseignes de restauration à emporter » dans la rue : rien qui ne draine du curieux en mal de shopping.
Heureusement, « il reste quelques enseignes qui marchent bien, comme Glade ou la bijouterie Guérin. Mais le fait qu'il n'y ait qu'un côté de rue avec commerces, c'est toujours un moins », tranche-t-il. En effet, après la destruction de la ville en 1944, « les Saint-Lois ont découvert les remparts de la rue Torteron qui étaient jusque-là cachés par des bâtiments », raconte Maurice Lantier, historien.
Remparts ou commerces
Du coup, en 1947, « un référendum a été organisé pour décider si cette rue serait reconstruite des deux côtés ou non », poursuit-il. Les commerçants auraient évidemment préféré la première suggestion mais « les deux architectes de la ville, André Hilt puis Marcel Mersier ont imposé leur idée sur la question. Et sur le plan touristique comme artistique : laisser les remparts visibles était la meilleure solution ».
Les commerçants ne sont pourtant pas tous fâchés d'avoir une vue aussi dégagée sur les remparts. « Moi, je me plais énormément dans cette rue que je trouve très jolie », affirme l'un d'entre eux. D'ailleurs, « je suis persuadée qu'il ne lui manque qu'une petite impulsion pour retrouver son dynamisme ».
Un sentiment partagé par Jean-Pierre Eudes, pour qui la situation pourrait rapidement s'améliorer « si les commerçants de la rue se fédèrent pour l'animer ». Le récent respect des zones bleues est en tout cas un premier pas encourageant et apprécié des commerçants, dont les clients trouvent maintenant où se garer.
Virginie ÉNÉE.