Faut-il conserver la fresque de 1944 ?

















Romain, Chantal et Grégoire ont parcouru 1 120 km entre Saint-Lô et Aalen et se remémorent leur souvenir à chaque étape. « Notre objectif était d'arriver en même temps que le bus qui emmenait les autres Saint-Lois à ce stage. Nous sommes arrivés cinq minutes après ! », sourit Chantal. Partis de la cité préfectorale le 14 juillet au soir, le trio n'a pas ménagé sa peine pour remplir son objectif.
En moyenne, ils ont parcouru 90 km par jour, sous le soleil, « sauf un soir où nous avons eu un orage » et sur tous les terrains. « Dans la Forêt Noire nous avons souffert de la topographie. Il n'y a pas un seul endroit de plat », lancent-ils unanimes.
Seul réconfort dans cette dure échappée : « La douche ! », car le soir, pas question de profiter de chambres d'hôtels tout confort : « Nous sommes parvenus à trouver un camping à chaque étape. Un soir, nous avons même dormi dans une auberge de jeunesse, un luxe ! », affirme Chantal.
Si Romain regardait avec un sourire en coin sa mère prendre le départ pour cette longue aventure, finalement, il est peut-être celui qui a le plus souffert de cette escapade : « Le projet me paraissait beaucoup trop colossal. Ce sont les autres qui m'ont poussé. Si je m'étais écouté, au bout de trois jours, j'arrêtais, raconte-t-il. Je ne suis pas prêt à recommencer de sitôt... »
Après une telle épreuve, faite de hauts et de bas, de côtes et de descentes, ces compagnons d'infortune garderont en mémoire « la solidarité » dont ont fait preuve leurs hôtes. Preuve est ainsi faite que dans le cyclisme comme ailleurs, le meilleur dopage c'est la motivation !
Benjamin FONTAINE.