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Au près, le J80 skippé par Gilles Drouet présente des réglages parfaits, qui étonnent la concurrence. : DRC'est qu'en compagnie d'Éric Leroi (tacticien), Grégoire Napoly (barreur) et Nicolas Léon (régleur des voiles d'avant), il a énormément progressé en un an. 7e sur 50 au Grand prix de l'École Navale, 4e sur 33 à l'Obélix Trophy, 2e sur 18 à la Semaine Internationale de Deauville au sein d'une concurrence très acérée : tout cela le place actuellement 7e au classement de la Coupe de France, « alors que les six qui nous précèdent ont couru quatre épreuves et que, si nous avions participé au Spi Ouest-France, une place de 15e nous suffisait à prendre la tête ». Pas de regrets cependant chez les Nord-Cotentinois.
« On n'est pas les rois de la piste »
Ils construisent sur la durée, les quelque 400 heures passées sur l'eau depuis septembre, à raison d'un entraînement par semaine, attestent du sérieux de la préparation. La semaine prochaine, ils vont trouver face à eux les meilleurs spécialistes mondiaux du J80. Douze nations représentées, avec l'Américain Glenn Darken, référence sur son continent ; l'Allemant Ullrich Munker, prophète en son pays, 3e en 2007 et décidé à s'illustrer sur ses eaux ; l'Espagnol Jose Maria Torcido Seghers, le détenteur du titre. Les Manchots ne comptent pas leur damer le pion. Mais espèrent bien marquer les esprits dans quelques régates, comme c'est le cas dans leurs déplacements hexagonaux : « On va vite, on a surpris nos adversaires qui commencent à observer nos réglages, assure Drouet. On n'est pas encore les rois de la piste, on doit travailler notre cap au portant, qui passe par tout ce qu'il y a sous l'eau (notamment les profils des appendices, safran et quille, NDLR). »
À bord de Marine Cherbourg CCVS, on a, il est vrai, surtout peaufiné jusqu'à les voiles, leur angle d'attaque. La jauge de ce type de bateau est tellement fermée, les règles tellement strictes, que pour gagner 0,1 noeud, l'épaisseur de trait, seule l'expérience prime. Au point de savoir qu'au près, au louvoyage vent médium de face, le mètre étalon se situe à 6,4 noeuds. Les Normands savent comment les atteindre. Il leur reste à trouver l'alchimie vent dans le dos. Le Mondial doit les alourdir d'un savoir singulier.
Olivier CLERC.