Faut-il conserver la fresque de 1944 ?

















Pourtant, jusqu'à Barfleur, et malgré un caillou tapé en Baie de Seine, tout semblait réussir à cet équipage, parti de Dieppe fort de la 3e marche du classement général. Du coup, le voilà qui replonge en 7e position, rendant à l'occasion 12 points à l'équipage qui le détrône sur le podium : « On ne s'en sort pas très bien parce qu'à Barfleur on avait un peu d'avance sur le 5e, et là, les trois premiers s'en vont et on reste bloqués sans vent, plaide le Granvillais. La situation s'est pourrie sur le Cotentin avec le vent qui tombe, qui rentre de derrière, de droite, de gauche... Le passage du Raz Blanchard dans la pétole. Et le louvoyage jusqu'à Granville. » Comme souvent, le vent est alors rentré par-devant, favorisant les ouvreurs « qui se sont gavés », accumulant une avance désormais insurmontable pour les Bas-Normands dans ce qui s'est apparenté sur le final à une course de vitesse pure, additionnée d'un petit jeu savant de placement sur le plan d'eau.
Dès lors, il s'est agi pour eux de négocier au mieux cette descente au louvoyage, vent dans le nez, jusqu'à leur port d'attache : « Les conditions de près, dans du clapot, avec tous les bons équipages qui sont devant, font qu'il a été difficile de faire la différence, d'autant qu'il y avait déjà des écarts. J'espère qu'un jour on réussira à gagner chez nous... » Les organismes, déjà atteints après une première nuit de mer, et très sollicités par un nombre incalculable de manoeuvres, se préparaient à trouver enfin un juste repos au bout de l'effort. Douche froide lorsque l'équipage constate que ses prédécesseurs sont encore là, à faire des ronds dans l'eau, à préparer un mouillage. La direction de course a en effet décidé de leur interdire l'entrée au port, prétextant qu'il n'y avait pas assez d'eau. « Quand on arrive, il y a largement ce qu'il faut pour rentrer », enrage Charon, dont les arguments n'ont pas été entendus. Et hier au petit matin, lorsqu'enfin le passage a été autorisé, la lassitude et le besoin de vrai repos avaient pris le dessus sur la colère.
Olivier CLERC.
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