Contournement de Saint-Gilles : nord ou sud ?
Par où passera la future 4 voies Saint-Lô-Coutances autour de Saint-Gilles ? Avant la décision prévue pour le 3 octobre, chacun y va de son avis.
++ Forum : Contournement de Saint-Gilles : nord ou sud ?
Les agriculteurs. Lundi soir, ils étaient une petite cinquantaine, essentiellement des agriculteurs, pour une réunion technique organisée à Saint-Gilles par la chambre d'agriculture et la FDSEA. Sujet du jour : les deux tracés possibles pour contourner Saint-Gilles dans le cadre de la quatre-voies Saint-Lô-Coutances. « Invariablement, les deux sont impactants pour le monde agricole, souligne le secrétaire général de la Chambre d'agriculture, Marc Lecoustey. Celui au sud traverse des exploitations bien structurées, avec des travaux de mise aux normes récents. Au nord, on a deux exploitations plus touchées que d'autres, dont une avec la maison du chef d'exploitation qui est sur le tracé. De plus, Hébécrevon a déjà été touché en 2001 par la voie de contournement de Saint-Lô. »
La Chambre, qui ne s'oppose pas au projet, a tout de même donné un avis en faveur du tracé nord. « Ça a été un choix difficile mais, d'après nous, c'est celui qui aura un impact moindre. » La Chambre sera vigilante sur les compensations apportées aux agriculteurs. « D'une part pour les hectares qui vont être soustraits. Soit les exploitants feront l'objet d'échange de terres, soit ils recevront une indemnisation. D'autre part, si une exploitation est coupée en deux par la quatre-voies, on veillera à l'éventuelle reconstruction d'un siège d'exploitation, mais aussi aux aménagements nécessaires au passage entre les deux parties (boviducs, voies parallèles...). »
Le châtelain. Favorable également au tracé nord, Denis de Kergorlay, ancien maire de Canisy et propriétaire du célèbre château de la commune. « En juin 2007, lorsque le syndicat pour le développement du pays Saint-Lois s'est prononcé en faveur d'un tracé passant par le sud, j'ai découvert que la route allait couper en deux mon exploitation agricole de Saint-Gilles, dont le bâtiment est d'ailleurs classé monument historique. Vingt autres exploitations étaient également concernées.
« Avec des agriculteurs, mais également des personnes autres que du milieu agricole, nous avons créé l'association pour la sauvegarde et la promotion du pays rural saint-lois, pour éviter que l'on urbanise n'importe comment. Depuis, une étude a été commandée par le conseil général à un cabinet caennais. Et ses résultats sont, à notre avis, trop tendancieux.
Ce rapport défend le tracé sud, même s'il reconnaît qu'il est plus long à réaliser et plus gourmand en terres, mais il conclut qu'il sera plus facile de compenser les nuisances générées. Alors que le bon sens penche en faveur du tracé nord. Le choix du tracé sud risque d'avoir d'importantes conséquences sur mon activité : le château de Canisy est devenu une PME de 25 salariés. »
Les maires de Saint-Gilles et d'Hébécrevon. Dans les deux principales communes concernées, le son de cloche est différent. Mais attention, pas question d'entrer dans une querelle de clocher. « Nous avons de très bonnes relations, lance Gilles Quinquennel, maire d'Hébécrevon. Et je souhaite qu'elles perdurent ! » Le conseil municipal de Saint-Gilles a voté pour le tracé nord. « Si la route passe au nord, Saint-Gilles ne serait pas concerné », explique le maire Jean-Luc Lerouxel.
De son côté, Gilles Quinquennel a longtemps pesé le pour et le contre, pour prendre une « décision objective. Quel que soit le tracé, il y aura un impact. » Le conseiller général du canton de Marigny penche pour le tracé sud. Plutôt le tracé Sud bis qui s'éloigne le plus possible de la ferme du Castillon, la plus concernée. « C'est le moins pénalisant pour tous. D'un point de vue économique, le tracé sud est le meilleur. Sur le plan agricole, il y a 5 à 6 hectares de plus du côté sud. Mais la superficie n'est pas un critère. Les spécialistes nous ont dit qu'il est plus facile de compenser les impacts pour les exploitations du Sud que pour les exploitations du Nord. Concernant les conséquences sur les riverains, les tracés sont comparables. »
La balle est désormais dans le camp du conseil général, qui rendra sa décision le vendredi 3 octobre.
Ouest-France