C'est en travaillant au rez-de-chaussée, cet été, que les ouvriers ont découvert la fresque sur un mur de la buanderie. Une étoile devant deux drapeaux américains, et cette inscription un brin énigmatique : « 528 Port Co ». Avec la fresque : Corneliu Andronescu, restaurateur de tableaux et peintures venu avec la conservatrice départementale des Antiquités. : Photos : Philippe Chérel.C'est dans une maison de la fin du XIXe siècle que se déroule notre histoire. Au 265 route de Carentan, précisément, dans un quartier relativement épargné par les destructions. « Depuis plusieurs décennies, suite au legs consenti par la famille Levionnais, cette maison (la Villa Yvonne) est la propriété du Centre départemental de l'Enfance. Cette maison est une des sept dont nous disposons dans la Manche, précise Liliane Lejoye. D'ordinaire, nous y hébergeons treize jeunes... Après des années d'utilisation, la villa n'était plus aux normes. D'où ces travaux de rénovation et la construction de nouveaux bâtiments derrière. »
« 528 Port Co »
C'est dans ce cadre que les ouvriers sont donc « tombés » sur cette fresque au rez-de-chaussée. Il s'agit plus précisèment d'une grande peinture murale d'environ 1m50 sur un mètre : une étoile noire à cinq branches laisse apparaître deux drapeaux américains. Deux ou trois inscriptions agrémentent l'ouvrage, comme « Please let the place clean » (« Merci de laisser cet endroit propre ») ou « Do not throw butts on floor » (« Ne jetez pas de mégots par terre »). Seul le dessin, à peine visible, de deux GI's au crayon tient du graffiti.
Reste aussi le marquage « 528 Port Co » réalisée au sommet de l'étoile... S'agit-il du nom d'un régiment ou d'une unité ? On pourrait logiquement le penser. Mais rien ne l'atteste non plus sérieusement... « Moi, ça ne me dit rien du tout », confesse Jean Mignon, responsable du Mémorial des troupes US, et adolescent saint-lois en 1944. « Quelqu'un qui fait des recherches sur internet », confie pour sa part Liliane Lajoye.
La moindre information est donc la bienvenue. Et ce, sans tarder ! « La fresque doit être détruite sous peu. Trois semaines maximum... Le mur en question est celui de la buanderie et n'est pas destiné à être transformé en lieu d'exposition », tient à préciser l'employée.
Alertée, Josiane Pagnon, la conservatrice des Antiquités de la Manche, est arrivée avec le photographe des Archives départementales. Elle semble décidée à sauver la peinture.
Avis aux historiens
Le restaurateur de tableaux, Corneliu Andronescu est catégorique : « On peut préserver la fresque derrière une vitrine. C'est facile et ça ne coûtera pas une fortune. Avouez que ça serait dommage de perdre un tel témoignage de l'histoire de la ville... » Avis aux historiens locaux et, pourquoi pas, aux vétérans... Leur expertise est attendue pour donner une chance à cette peinture d'éviter d'être définitivement effacée, même si son importance semble effectivement très relative.
Ludovic RENOULT.
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