Faut-il conserver la fresque de 1944 ?

















Pierre, quel est le niveau de crainte pour votre bébé ?
Il s'avère que selon la nouvelle volonté de la FEI ¯ désireuse de réduire à une douzaine le nombre de rendez-vous qualificatifs pour la finale de la Coupe du monde et de n'avoir qu'une étape par pays, il y en a une de trop en France. Soit Fontainebleau, soit Martinvast. Alors je préfère anticiper pour occuper le terrain en termes de volonté et de message que l'on veut faire passer, par rapport à tout ce pourquoi on se bat depuis 2002. À savoir la Coupe du monde à Martinvast comme partie entière d'un concept formidable, et parfaitement adapté à notre site, à notre savoir-faire, et à notre esprit. C'est-à-dire le concept de circuit mondial qui passe par Martinvast, où l'on reçoit la planète entière chez nous, dans notre terroir et avec tout notre coeur.
Ce en quoi vous avez été des précurseurs...
Oui, nous avons été les premiers, dès que cette formule de Coupe du monde a été annoncée, à nous porter candidats. Avant même que le dépôt officiel de candidatures ne soit ouvert. Que les choses évoluent, ne restent pas en l'état, ne me choque pas. Mais il est aujourd'hui évident que sur la carte de France, Martinvast est moins glamour que Fontainebleau. Nous n'avons toutefois pas besoin d'un nom à consonance royale pour exister, montrer qu'on est bons et que les gens aiment venir chez nous. Et Fontainebleau peut jouer d'autres cartes, organiser d'autres événements sans avoir besoin de la Coupe du monde pour exister.
À la nouvelle donne posée par la FEI, vient s'ajouter la venue d'un gros sponsor sur la Coupe du monde, lequel ne s'accommode pas forcément de l'aspect décentralisé de Martinvast !
La banque HSBC a effectivement des intérêts. Mais tout dépend de quelle manière on présente les choses. Cet organisme a des antennes partout, et on n'a pas besoin d'être à 60 kilomètres de Paris pour exister. Pensez au Paris-Dakar, qui se dispute en plein désert, sans manquer d'exposition médiatique !
Vous engagez une grande partie de lobbying...
J'espère que nos arguments vont être entendus, qu'ils vont trouver un écho dans la tête de nos partenaires, les élus, les collectivités, les concurrents qui aiment venir ici et qui n'ont pas envie que notre événement disparaisse, le public... Et puis, notre budget d'est que de 300 000 euros. Ce qui est limité pour un événement de cette ampleur.
Mais politiquement, se heurter à une région comme l'Île de France, n'est-ce pas la lutte du pot de terre contre le pot de fer ?
Je ne le pense pas. Il ne faut nourrir aucun complexe par rapport à ça. Les organisateurs sont des gens habitués à se battre pour défendre leur bout de gras, mais concernant le lobbying, nous ne disposons évidemment pas des mêmes armes que Fontainebleau.
La décision doit tomber en novembre. En cas de perte de votre label Coupe du monde, qu'adviendrait-il de votre organisation ?
Le néant. On arrête.
Recueilli par
Olivier CLERC.